AUTOMNE 2023 Autriche: Tyrol Oriental - Carinthie Drauradweg
- Martine Baume
- 20 sept. 2023
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 mai 2024
Mercredi 13 septembre
Je n'ai presque pas dormi cette nuit, luttant contre ce sacré virus qui malmenait mon nez, mes articulations et ma gorge... dur de sortir des plumes et de se mettre en route ce matin. C'est bien la première fois que je suis malade en voyage, et heureusement Yves a l'air de lutter plus vaillamment que moi!
Mais c'est bien ma chance l'itinéraire aujourd'hui ne comporte que de la descente... ça va être fastoche!
Le ciel est tout couvert et il a plus la nuit passé, on quitte ce bel endroit du lac de Toblach et on descend dans la longue vallée de la Drau que l'on rencontre à San Candido.

On passe la frontière à Erlach, nous voici en Autriche... du côté sud de la vallée de la Drau il y a encore des dolomites et côté nord ce sont des montagnes plus douces comme les préalpes. On se croirait un peu en Suisse parfois. Mais tout est encore plus nickel que chez nous, les tours de maison, les arrangements floraux, les décorations personnalisées, les jardins.
on aperçoit au loin dans les forêts sur les pans des montagnes les clochers des églises qui annoncent la présence d'un village... ou aussi de petites chapelles isolées. Nous sommes catastrophés de voir comme ici les forêts d'épicéas sont en souffrance, sur des étendues beaucoup plus vastes que ce qu'on a pu voir jusqu'ici! Par endroits ils ont fait des coupes rases, en plaine on passe à côté d'immenses tas de bois, des arbres réduits en plaquettes pour les chauffages à distance.

Dommage, la pause café ici ça sera pour une autre fois, ce joli "biker-treff" est fermé! La saison est déjà terminée par ici, ce qui n'était pas le cas de l'autre côté de la frontière. Nous ne croisons presque plus de cyclistes... est-ce dû au mauvais temps ou cette région est-elle moins attractive que le Sud Tyrol? ...
Cette étape est un peu moins bucolique que celles que nous avons fait jusqu'à présent. Nous nous arrêtons à Amlach, dans un petit camping attenant à une maison de maître avec une belle piscine. Il se met à pleuvoir juste lorsque nous choisissons notre place, sous un chêne dont le feuillage bien dense nous protège de la pluie et nous pouvons mettre sécher le tapis de sol et la tente très astucieusement, haha...
Ensuite nous avons la visite d'un rayon de soleil pour faire notre souper, quelle chance!
Jeudi 14 septembre
Ah comme on a bien dormi...presque 12 heures! Le ciel est bien menaçant mais la tente est plutôt sèche lorsque nous la plions. Cette nouvelle journée sera entrecoupée d'averses et d'un rayon de soleil!
Cette étape est chouette, se déclinant sur des voies cyclables en asphalte ou en chemins blancs, dans la forêt sur un parcours genre montagnes russes...ou à travers les petits villages agricoles. La Drau devient plus large et abondante.

Petite pause café dans un distributeur pour cyclistes en manque de carburant! Et en bonne compagnie ...
On roule à côté de grandes étendues de maïs où souvent des animaux sont venu casser la croûte et goûter à ces épis facilement disponibles! On enlève et remet notre veste de pluie de nombreuses fois au cours de la journée, mais les averses sont éparses et peu productives!
Et le soleil nous fait le plaisir de s'inviter à notre banc de pic nic :) cette voie verte est entretenue par trois employés communaux qui tondent les bords de la route avec une tondeuse à gazon, un fil et un...souffleur! C'est incroyable...
Il y a toutes sortes d'infrastructures pour les cyclistes, endroits où réparer son vélo, table de pic nic ou même cabane dans les arbres!

On trouve un joli petit camping au bord d'un point d'eau à Kleblach. Il n'y a presque personne ici! Trois caravanes et nous... ce n'est pas le Sud Tyrol hahah.. par contre bonjour les moustiques!
Et ce soir on a même droit à un concert en direct du Brame du Cerf qui doit être à quelques centaines de mètres d'ici...
Vendredi 15 septembre
Ce matin c'est Yves qui se réveille avec peine, un mal de gorge brûlant et la tête grosse comme une citrouille. Il n'a presque pas dormi à cause des cerfs et des camions. Moi je n'ai rien entendu. Le pauvre chéri, ça va être difficile aujourd'hui... on enfourche quand même nos montures, le ciel est bas et le brouillard s'accroche dans les forêts et les montagnes. Ambiance humide mais chaude quand même, on ne sait pas trop s'il faut se déshabiller ou pas. Chaud-froid... ce qui plaît bien aux microbes...
Arrivés à la hauteur de Sachsenburg on a l'impression que la vallée est en cul de sac mais en fait la Drau fait un demi tour et rejoint une autre vallée à Spital. Petit arrêt cappuccino sur une terrasse qui nous redonne de l'élan.
On traverse de grandes zones industrielles, des zones de culture de salades, de maïs, et de ...sarrasin dont les fleurs sont d'un rose tout doux...
On profite d'un petit abri self service pour les cyclistes qui propose toutes sortes de produits artisanaux et locaux... avec une caisse libre service basée sur la confiance. Chapeau bas mesdames et messieurs! On en profite pour acheter un petit pot de miel pour la gorge douloureuse d'Yves.
Et encore des arbres déracinés sur plusieurs tronçons de notre itinéraire ce qui me serre le cœur !

La Drau s'élargit et devient une grande force tranquille, une énorme masse d'eau s'écoulant lentement, parfois on ne distingue pas qu'il y a du courant. On passe sur ses rives où on aperçoit encore les restes de limon transportés par les dernières inondations. Elle est déjà tellement gonflée qu'il suffirait de peu pour que ça recommence.
On atteint Villach en milieu d'après-midi et on a le choix entre un camping au bord de l'autoroute, un camp de nudistes ou un petit camping encore à 8 km et juché sur une colline avec des bons pourcentages pour y accéder...
On choisira la troisième option, car Yves a un besoin impératif besoin de dormir , mais les derniers kilomètres seront très difficiles, la chaleur étant au rendez-vous, la déshydratation et la fièvre qui grimpe avec tout ça... un peu la galère!
Mais on trouve un endroit très chouette, avec une quinzaine de bus, dont la plus part ont des motos pour faire les cols des alpes juliennes qui bordent la vallée au sud. On se trouve juste en face de Kranjska Gora où nous étions en 2019 pédalant sur l'Adriabike, région aussi absolument magnifique !
Programme réhydratation, douche, repos et nurofen acheté en pharmacie... souper très léger et dodo.
Demain on se repose et on avise de ce qu'il faut faire, en fonction de l'état de santé 🥺
Samedi 16 septembre
La nuit a été pénible pour Yves, la fièvre est montée à 39... puis finalement redescendue, on a fait des compresses d'eau froide sur le torse pour le rafraîchir. Mais on est bien content de ne pas bouger aujourd'hui! L'endroit est calme et les gens tout tranquilles... idéal pour prendre du repos.
Lessive, sieste et un peu de lecture, puis en fin de journée on descend de la colline pour découvrir le beau Faaker See en contrebas , les Alpes Juliennes se mirent dans ses eaux cristallines. Il y a des bains publics, toutes sortes d'infrastructures, un pump track pour les skaters, un terrain de beach-volley, des places de jeux. On se prend une petite bière et on savoure ce moment où la fraîcheur du soir descend sur nous. Il a fallu fuir le soleil aujourd'hui pour contrer la fièvre! Qui est tombée dans la journée.Hourra!
Et voici les deux stars du coin...à gauche le Ferlacher Spitze et son grand pote le Mittagskogel...

Dimanche 17 septembre
Un grand soleil nous accueille à la sortie des plumes, après avoir avalé banane, jus d'orange et quelques biscuits, ainsi que des comprimés de nurofen, nous voilà sur le départ. Yves n'a pas encore passé une nuit reposante mais il n'a plus de fièvre avant le lever. Ensuite, le thermomètre est en panne de batterie... encore une grosse toux et le nez comme une patate, il prend courageusement sa monture et se met en route! Il fait déjà très chaud, lourd et humide...
Nous rejoignons la Drau qui par moments est très large et forme un bassin d'accumulation pour une centrale électrique et d'autres endroits plus sauvages colonisés par les oiseaux ...

Avec toujours ce magnifique panorama des alpes juliennes qui se découpent dans la lumière matinale. Nous traversons de nombreux affluents descendants des montagnes dont le lit est toujours très large et a charrié quantité de matériaux et de troncs d'arbres arrachés lors des dernières tempêtes...
Nous finissons l'étape à St Margareten Im Rosental dans un joli camping où nous sommes soulagés de pouvoir nous mettre à l'ombre, souffrant de la chaleur humide qui nous a accompagné toute la journée...Yves n'est pas en super forme le pauvre, dur dur de voyager avec une tête qui menace d'exploser telle une marmite à pression! Certaines se rafraîchissent comme elles peuvent ;))

Lundi 18 septembre
Surprise ce matin en ouvrant la porte... c'est le brouillard d'automne qui nous accueille au sortir des plumes. Petit dej au bord du plan d'eau et belles ambiances le long de la Drau... et cultures de ...millet.

Encore des centrales électriques avec barrage, qui heureusement sont ouvertes pour traverser sur l'autre rive. Car en cas de maintenance ça serait très compliqué pour trouver un pont... il n'y en n'a pratiquement pas. Puis nous quittons la Drau.

A travers la forêt et la campagne, bonjour les mignons petits porcelets :))... pour arriver à Klopeinersee au bord d'un lac qui est plutôt touristique mais où tout semble mort...la saison est passée et les infrastructures sont vieillottes, on se croirait dans une autre époque...des boutiques d'articles de plage, c'est ma chance, je peux acheter une paire de nu-pieds car les miens m'ont lâché hier! Le temps de boire un café puis de manger notre pic nic et nous voilà repartis.

Nous traversons des zones sinistrées, nous sommes abasourdis par le désastre que les forêts ont subi ici, sur des hectares des arbres déracinés, cassés à mi-hauteur ou jonchant le sol. Des tracks à l'œuvre pour trier, débiter et nettoyer... quelle tristesse. Ça a dû être épouvantable... un vrai champ de bataille.
Nous trouvons un chouette camping au bord d'un petit lac où il n'y a plus personne...des caravanes et mobile home à l'année, mais tout est mort.
Entretien des vélos et écriture du blog avant que la tempête de vent ne se lève et nous fasse nous réfugier dans notre tente, après l'avoir arrimée et renforcée pour lutter contre ces violentes rafales. Demain nous allons prendre le train de Bleiburg à Maribor en Slovénie car le tracé de l'itinéraire vélo n'est plus praticable à cause des inondations...


































































































































































































































Vous êtes biens courageux de rouler avec les microbes ailleurs que sur le porte-bagages ...
En tout cas merci pour ces magnifiques paysages accompagnés du sympathique récit. Reprenez bien de forces et on se réjouit de lire le prochain épisode. Bisous