Côte Ouest de la SARDAIGNE Sant Antioco - Guspini
- Martine Baume
- 29 mai 2023
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 août 2023
Vendredi 26 mai.
Magnifique coucher de soleil hier soir sur la baie de la cala Sapone...

Départ à 7h pour prendre le ferry de 9h à Calasetta pour traverser sur Carloforte, l'île de San Pietro. On s'attaque direct à une pente de 20% tout à fait impossible de faire sur les pédales, mais heureusement elle n'est pas longue.
On savoure cette belle luminosité du matin, et sur cette petite route on ne croise pratiquement personne. Quelques parcelles de blé le long du chemin, d'où s'élancent vers le ciel de longues tiges sans feuilles au sommet desquelles se balancent les épis barbus... le sol est très sec!
Ici les buissons de ciste sont en fleurs, alors que plus au sud elles étaient passées. Hmmm ça sent trop bon. Un troupeau de moutons fraîchement tondus s'affaire à chercher quelques brindilles sèches à se mettre sous la dent...
On longe des falaises aux pieds desquelles de gros rochers violacés ont dû s'effondrer. Une petite barrière déposée au dessus de la falaise pour mettre en garde du "péricolo"...
Arrivée à Calasetta avec un peu d'avance. Les terrasses sont encore vides. On embarque sur un ferry Delcomar qui nous amène en 20 minutes à Carloforte. Ça nous rappelle des bons souvenirs, ces trajets en Norvège entre les fjords et les îles...on en a pris quelques uns!!!
Carloforte est une adorable bourgade, dont on sillonne les étroites ruelles à sens unique avec plaisir, de petits balcons ornent chaque façade, si étroits qu'on se demande quelle en est leur utilité, mise à part d'empêcher la chute lorsqu'on discute avec son voisin, héhé... les maisons sont joyeuses, toutes petites et de toutes les couleurs . Les "ciao bella" fusent de partout, tout le monde a l'air de se connaître, ils se claxonnent pour se saluer.
Il y a une très belle place où ont été plantés il y a bien longtemps quatre arbres magnifiques qui donnent de l'ombre à ceux qui se retrouvent à leur pied pour papoter, comme les retraités ou les enfants en course d'école...

On reprend un autre ferry dans l'après-midi pour rejoindre Portoscuso. De là une belle montée nous attend pour découvrir le golfe de Gonessa avec en face de nous Nebida qui s'accroche sur les pans de la montagne et où on devra grimper demain. Et à partir de là, une route avec des tronçons à 13%, qui est vraiment très raide et dont nous a parlé Bruno après qu'ils soient passés par là... on ne sait pas si on devra pousser les vélos. Mais ça sera pour demain, donc j'ai toute la nuit pour y rêver haha...
Et on entame une longue descente avec un plaisir non dissimulé et un grand soulagement de sentir à nouveau l'air couler autour de nous et nous apporter un peu de fraîcheur... il n'y a pas de camping dans le coin, on a réservé un B&B Domus de Jonas à Gonesa. Une petite bourgade entourée de montagnes que les jeunes locaux traversent en vrombissant sur leur moto cross pour rejoindre les pistes grimpant sur les hauteurs... les hommes sont au bar à boire l'apéro. Ce que nous faisons aussi en attendant que notre pizza à l'emporter soit prête, la trattoria étant fermée ce soir. Les ados se retrouvent aussi sur différentes places, on est vendredi soir... c'est drôle, cette petite ville nous fait penser à ce que nous avions vu au Mexique il y a 30 ans.
On rencontre un couple d'italiens qui sont dans la même maison que nous et avec qui nous échangeons et buvons un café. Elle parle très bien le français ( comme Silvano, appris à l'école il y a bien longtemps...) et lui l'anglais. C'est un chouette moment. Ils nous parlent des mines de plomb de Masua juste en face du Pan di Zucchero ( cet éperon rocheux le plus haut de toute la Méditerranée). Ils avaient construit un tunnel qui débouchait dans la parois rocheuse au dessus de la mer et permettait de charger directement les bateaux avec le minerai...
Samedi 27 mai.
Après un bon petit déjeuner dans le patio du B&B on part plein d'énergie pour découvrir cette étape mythique entre Gonessa et Buggerru...

on longe la côte et ça commence à monter, mais régulièrement et j'ai l'impression d'avoir un moteur dans le pédalier, on a la chance d'avoir l'ombre de la montagne qui nous maintient au frais... ce début d'étape me paraît facile...
C'est magnifique, la mer est bleue intense. Et les éperons rocheux sortent de cette étendue toute calme, majestueux...

On grimpe jusqu'à Nebida et après c'est la descente sur Masua. Le soleil est déjà chaud.
Et nous voilà face au goulet qui s'ouvre entre de belles parois rocheuses et qui marque le début de notre calvaire, haha... c'est impressionnant, sur cette pente les voitures montent en deuxième, tout doucement...c'est là qu'on se rend compte que ça grimpe vraiment. On ne mettra le pied à terre que pour faire régulièrement des pauses, dès qu'un arbre nous offre sa protection contre les rayons piquants du soleil, et pour s'hydrater... les automobilistes nous regardent en pensant que nous sommes fous!?! Comme c'est dur, comme il fait chaud... mais chaque petite fleur au bord de la route me fait un clin d'œil d'encouragement, le chant d'un oiseau qui me dit "dai bella " ... une soudaine petite brise rafraîchissante qui me chuchote à l'oreille "courage Martine, tu y es presque"... l'ombre bienfaisante d'un arbre qui nous accueille pour boire un coup... de fil en aiguille, je m'accroche et je mouline... pour finalement y arriver! Une grimpette de 300m sur 2,5 km sur laquelle on s'est cassé les cuisses pendant bien une heure... c'est la course de la tortue!
Quel bonheur d'arriver en haut sur le col, un automobiliste local s'arrête, peut-être inquiet face à nos mines écarlates et nos gros paquetages, et nous dit qu'il ne reste plus que 12 km jusqu'à Buggerru...
S'en suit une très longue descente dans une magnifique vallée sauvage et illuminée par de superbes genêts en fleurs...

On croise des groupes de cyclistes italiens qui nous saluent joyeusement et nous encouragent pour remonter encore sur un petit col... Et on arrive à Budderru , dernier village où nous pouvons faire des courses pour trois jours, car pas d'épicerie proche du camping Ortus de Mari à Portixeddu... la montagne a été creusée de partout, mais l'exploitation des mines a cessé il y a quarante ans. On voit d'immenses remblais en terrasse du côté du village.
On continue notre route puis on débouche sur la baie de San Nicolo le long de laquelle s'étend une immense plage de sable, avec très peu de monde en cette saison. Mais on peut bien s'imaginer qu'au mois d'août elle grouille de personnes se dorant la pilule au soleil. On ne s'arrête pas pour l'instant, on préfère continuer jusqu'au camping pour être assez vite pour une place à l'ombre... le camping est tout simple, mais très propre et un grand coin sous les oliviers est à disposition pour les tentes, et quelques eucalyptus pour les bus. On y retrouve ce jeune couple d'Allemands sportifs avec un petit bébé qui a tous les gadgets de puériculture, haha...du babyrelax, à la chaise haute en passant par le pousse-pousse cross , le porte bébé et le carrosse qui se croche au Gravel de Madame... ils étaient déjà au camp précédent. Ils ne sont pas sympas, plutôt hautains et maniaques. Alors qu'une autre famille allemande vient installer sa petite tente à côté de nous, petite voiture pleine à craquer avec le top du toit débordant, deux enfants 3 ans et 5 mois... et aucun pousse pousse ou carrosse à disposition! Mais par contre très sympas... le père me raconte avoir voyagé à vélo avec l'aîné quand il était encore bébé.
C'est marrant de voir les différentes familles et niveaux de confort...
On reste deux nuits ici et on profitera de la plage demain en dehors des heures chaudes.
Lundi 29 mai.
Départ à 7h sous un ciel bas et lourd, des orages sont annoncés en fin de matinée... une grosse montée de 500m au col de Bidderdi par la SS 126 très peu fréquentée à ces heures matinales en tout cas. On aperçoit quelques exploitations agricoles et on entend les clochettes des moutons et les aboiements des chiens de berger, mais les montagnes et les vallées sont si densément recouvertes d'arbustes et de chênes liège qu'il doit être difficile de se déplacer. L'air est très humide et on transpire à grosses gouttes! On a rempli nos gourdes avec l'eau du camping mais elle est très chlorée et c'est difficile de s'hydrater correctement, c'est vraiment infect... et pas d'épicerie avant Arbus au bout de la longue descente après le col. Encore d'anciennes mines au fond de la vallée...
De l'autre côté du col ça descend plus doucement et les paysages sont plus variés. Des petits lopins de vignes, des coins de pâturages, des cultures de chênes-lièges et beaucoup de fleurs.
Et on aperçoit Arbus au loin qui s'accroche sur une bonne partie de la montagne, et le petit col qu'il nous faudra encore passer pour redescendre enfin sur la plaine.
Après une pause café accompagné d'un croissant nous voilà repartis pour le col de Genna e Frongia. La famille allemande sympa a aussi quitté le camping après nous et nous dépasse en nous reconnaissant et fait de grands signes par les fenêtres...
Publicité pour la bière locale Ichnusa... sympa la fresque! Et plongée sur Guspini. Fin de l'étape où nous avons réservé le B&B Annalu'. Il n'y a pas de camping par ici, on est loin de la mer... donc pas d'intérêt pour les touristes. On va manger un bon plat de pâtes dans un petit bistrot où on est les seuls clients, jusqu’à 13 h où arrivent les habitués, des hommes... aucune femme, bizarre non? on se régale , et un bon vin local finit de nous achever haha...
On va "cuver" à l'ombre sur un banc près de l'église, en attendant que nous puissions prendre la chambre. Ce petit vin nous a coupé les jambes, on n'est plus bon à rien haha... on se présente chez Annalu' avec un peu d'avance mais au moment où on ouvre la porte du patio la pluie se met à tomber, et l'orage éclate! Quelle chance on a, car c'est des seilles qui tombent pendant plusieurs heures alors que nous sommes à l'abri. Et l'endroit est vraiment très sympa et bien décoré...












































































































































































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