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SARDAIGNE 2023 Archipel de la Maddalena - Olbia - voyage de retour en Suisse

Dernière mise à jour : 21 août 2023

Mercredi 28 juin.

Aujourd'hui nous allons découvrir l'archipel de la Maddalena et jouer aux touristes...on fait notre course d'école hihi! Il y a déjà beaucoup de monde au port qui attend de monter à bord des différents petits bateaux touristiques. Nous avons réservé au camping pour la compagnie "Riviera di Gallura". Une super petite compagnie qui emmène en excursion les touristes depuis 40 ans! Ils sont au top au niveau du professionnalisme, de l'organisation, des compétences et de l'attention portée aux passagers... chapeau! En regardant de plus près les autres bateaux, certains n'ont plus de canot de sauvetage, d'autres n'ont pas de toile pour faire de l'ombre... les jeunes couples en maillot de bain qui s'y installent en plein soleil, déjà rouges des précédentes journées nous font mal au cœur! Ce soir il y aura des malheureux... nous on est bien content de pouvoir être à l'ombre sur le pont et sous une toile.


L'archipel de la Maddalena est un parc national qui comprend environ 60 îles et îlots. Les plus importantes sont La Maddalena, Caprera, Budelli, Santo Stefano, Razzoli, Santa Maria, et Spargi. Leur formation géologique très ancienne est d'origine granitique et schisteuse. Les premières traces d'installation remontent au Néolithique, il y a 4500 ans... l'archipel, à l'exception de l'île principale, a conservé une nature sauvage grâce au fait qu'il est devenu un parc national en 1994. L'île de la Maddalena est habitée surtout au niveau de son bourg, au sud. On trouve sur l'ile de Caprera le petit bourg de Stagnali et une vingtaine d'habitations dans une partie de l'île de Santa Maria fréquentées en été. La nature a conservé ses droits en dehors des zones construites et sur les autres îlots. De nombreuses espèces végétales sont endémiques ou rares. Dans le maquis on trouve du genévrier, de la myrte, du genêt, du ciste, des orchidées sauvages...Environ 700 espèces de fleurs, des reptiles comme le lézard montagnard de Corse ou le petit gecko menacé de disparition...


On commence par se diriger vers l'île de Spargi, on aperçoit quelques magnifiques villas sur la côte Nord de la Sardaigne...des villages de vacances et peut-être aussi des bâtiments abandonnés.



Et on accoste au sud de Spargi, dans la petite baie des pirates... nous sommes le premier bateau à arriver ici, quelle chance de voir cette magnifique plage encore si peu peuplée. Car à peine installés, voici un flot de touristes qui débarque d'autres bateaux! L'eau est limpide, cristalline, calme, délicieuse... comme sur les cartes postales! Je me régale, Yves aussi :)) par contre c'est étonnant comme peu de gens profitent vraiment de se baigner. Ils sont tous à faire des selfies, se font photographier dans des positions évocatrices, c'est un défilé de mode des maillots de bain plus étroits les uns que les autres... on rigole sous cape de ce nombrilisme qui se retrouvera ce soir sur les réseaux sociaux.





Après la baignade, un bon plat de spaghetti aux crevettes attend les amateurs sur l'embarcation. Puis on remonte le long de la côte de l'île de Spargi, c'est un défilé de bateaux de toutes sortes, de petites embarcations aux immenses Yachts ou catamarans...



Deuxième arrêt baignade à l'île de Santa Maria, où on est bien content d'avoir nos petits parasols , le sable y est brûlant, mais l'eau magnifique et rafraîchissante.



Prochaine étape après cette délicieuse baignade, on se déplace à l'est de l'île de Budelli où se trouvent les "piscines", un endroit protégé entre plusieurs petits îlots où stationnent des dizaines d'embarcations. Les baigneurs se jettent à l'eau depuis le bateau, tout autour de nous l'eau a des teintes incroyables!




En fin d'après-midi le bateau s'engage dans" les bouches de Bonifacio", un endroit qui est parcouru par de dangereux courants et des forts vents, le capitaine nous demande de rester assis et de bien se tenir... notre embarcation tangue beaucoup et on goûte aux embruns de la mer Tyrrhénienne en passant au large des îles pour rejoindre la Maddalena. Certains passagers sont inquiets et un peu crispés, c'est vrai que ce n'est pas de tout repos!

Dernière étape, la petite bourgade de la Maddalena. Très touristique, avec de jolies boutiques dans lesquelles on s'arrêterait très volontiers pour y faire de beaux cadeaux à ramener en Suisse...



Jeudi 29 juin - dimanche 2 juillet.

Nous profitons de ce bel endroit qu'est la baie de Saraceno quelques jours, le vent d'ouest tempétueux se met à souffler modifiant finalement nos projets d'itinéraire... impossible de prendre la route dans ces conditions. On profite donc de la plage et de quelques balades dans les alentours de Palau. Le camping est de plus en plus fréquenté, toujours beaucoup d'Allemands, des Tchèques, des Slovènes, des Suisses Allemands et des Italiens... nos voisins passent l'été ici, ils viennent de Rome et lui est originaire de la Maddalena et a encore toute sa famille ici. Ils sont très sympas et forment un petit clan de campeurs italiens qui passent la saison ici, ils font un tournus pour les soirées les uns chez les autres... de délicieuses odeurs s'échappent de leurs campements et nous font bien envie haha...

Moi je me réjouis de retrouver ma cuisine et mes fourneaux afin de préparer à nouveau des bons repas un peu plus variés que risottos, pâtes ou polenta! Et surtout une table à laquelle s'asseoir pour la préparation des menus, à l'abri du vent qui saupoudre de sable les aliments, hihi, ça grince sous les dents! Voilà deux mois et demi que nous sommes sur la route, et je me surprends à rêver de notre chez-nous. Et la famille me manque, les amis, les montagnes et les petits sentiers rocailleux... on y sera tout bientôt!


Voici encore quelques belles ambiances de la région de Palau...




Lundi 3 juillet.

Départ à 6 h ce matin, le vent d'ouest souffle encore très fort, mais il faut bien rejoindre Olbia... nous avons nettoyé la toile de tente hier soir, elle était noire de poussière et de la poix de tous les arbres sous lesquels nous avons eu la chance de nous poser. Nous goûtons à la fraîcheur matinale, passée 22 degrés puisque les cigales sont à l'œuvre! Le vent nous aide à grimper, nous empruntons une petite route provinciale jusqu'à Cannigione. Très peu de trafic... trop bien!




On est surpris par la richesse des bâtiments ici, ce qui tranche avec Palau où de nombreux immeubles s'écaillent où sont à l'abandon...ici tout est rutilant, parfaitement entretenu, les bords de route impeccables... l'endroit est magnifique avec les montagnes se détachant à l'horizon. C'est le début de la Costa Smeralda ...

Le prix du cappuccino est en relation directe avec le changement de statut de la région! On croise beaucoup de promeneurs qui profitent de faire de l'exercice dans la fraîcheur du matin.





On prend la SS 125 car malheureusement c'est la seule route qui descend sur Olbia. Elle est étroite et très fréquentée, de nombreux camions y circulent aussi, et leurs conducteurs après nous avoir fait signe d'un petit coup de klaxon, apprécient lorsque nous nous arrêtons au bord sur les places d'évitement pour les laisser passer ainsi que toute la suite de véhicules qui s'énervent derrière et cherchent à les dépasser. Dommage, tout ce stress nous empêche d'apprécier la beauté de ces paysages sauvages ...



Sans commentaires...


On arrive dans le centre historique d'Olbia après avoir quitté la SS 125 sur laquelle s'étendait des kilomètres de bouchons en sens inverse... quelle horreur! Ils ont vraiment un problème avec le trafic ici. Les infrastructures ne sont pas suffisantes pour drainer ce flux de voitures.

On a loué un petit studio de plein pied tout près de la zone piétonne pour deux jours. On peut y mettre les vélos à l'intérieur. C'est très joli et spacieux, dans une rue toute tranquille. Une bonne adresse, "Olbia Loft" ils ont plusieurs studios dans différents endroits. Accueil sympathique et on peut prendre la chambre déjà à midi.




La zone piétonne est très sympa, agrémentée de grands bacs contenants des oliviers et divers plantes. Pour apporter un peu de fraîcheur peut-être? Des petits bistrots en quantité, ici on ne va pas mourir de faim... et des petites boutiques de toutes sortes...





Après une bonne glace, on va se mettre au frais dans le studio, climatisé, pardonnez-moi, quel luxe... nous n'avons pas l'habitude de ce genre de confort! Mais bien apprécié vu la température extérieure, même à l'ombre d'une terrasse!


Le soir c'est à nouveau plus respirable...



Mercredi 5 juillet.

Aujourd'hui nous allons quitter la Sardaigne, c'est la fin de notre périple du Sud. Nous sommes heureux de cette expérience qui a été très différente de notre dernier voyage au Nord. Nous avons traversé de magnifiques paysages très variés entre l'Italie et la Sardaigne, mais nous trouvons difficile de pédaler sur les routes italiennes... les cyclistes ne sont pas respectés et le danger nous guette au détour du chemin! Nous avons eu de la chance, mais plusieurs fois j'ai bien crû que la voiture qui nous dépassait dans un virage sans visibilité faisait un choc frontal avec celle qui se présentait en face. Ici il faut être bien attentif en tant que conducteur de serrer à droite... et en tant que cycliste d'avoir un bon ange gardien! Les pays du nord de l'Europe se prêtent mieux aux voyages à vélo car les voies vertes ou les pistes cyclables sont plus développées, ainsi que le réseau secondaire plus important et nous pouvons rouler en sécurité. Et les conducteurs sont plus respectueux, ils attendent pour nous devancer que la voie inverse soit libre et prennent bien de la distance pour ne pas nous déstabiliser. Nous déconseillons les familles avec enfants de partir au sud...


Nous passons la journée dans le parc public d'Olbia, sous les arbres qui rafraîchissent bien l'atmosphère. Notre ferry part a 21h...la journée d'attente est longue.



Mais l'embarquement se fait rapidement. Et cette fois on a une cabine , haha. Le ferry est sympa, les passagers se rassemblent sur les différents ponts arrières pour assister au départ et au coucher du soleil...



Arrivederci Bella Sardegna!!! Et Grazie di tutto!


Jeudi 6 juillet.

Arrivée dans le port de Gênes à 9h passé...après une bonne nuit en cabine! Y a pas photo, c'est quand même mieux que de dormir sur la banquette dans le bar illuminé et bruyant...



La gare se situe près du port, pas trop à pédaler pour aller jusque-là. Longue file d'attente pour prendre un billet au guichet, mais un employé sympa m'aide à prendre les billets à l'automat pour les vélos jusqu'à Milan. Par contre il faut attendre jusqu'à 13.45 car pas de place pour les vélos avant...ou alors il faut changer de train, ce qu'on veut éviter car c'est bien compliqué avec tous les bagages... on rencontre un couple de cyclistes allemands qui prennent le même train pour Milan. Chouette échange avec eux, ils ont une seule réservation pour les deux vélos depuis Milan jusqu'à Bâle! L'employé leur a dit que ça devrait aller...qu'ils n'ont cas demander aux contrôleurs CFF à Milan. Nous on est bien septique , car s'ils n'ont pu avoir qu'une seule réservation vélo, c'est que toutes les autres places sont déjà occupées... bon courage!


Arrivés à Milan, nous avons encore une heure et demi d'attente. A l'arrivée du train, il faut se dépêcher d'aller réserver la place des vélos, avant que les voyageurs y déposent leurs valises! Je dois jouer des coudes et défendre nos places car toute un groupe de suisses allemands avec de grosses valises montent dans ce wagon...et veulent les y déposer, c'est difficile! Ouf, on est enfin assis...mais la climatisation est en panne, on suffoque! Quand le contrôleur nous informe qu'on peut se déplacer dans le wagon suivant, on n'hésite pas... et là la température n'a rien à voir.

On est bon jusqu'à Sion, pas de changement de train!


Mais non! Comme d'habitude, on a droit à des spécialités CFF! En fait, à Domodossola, le haut parleur nous annonce qu'on doit changer de train, tout le monde descend car nous sommes dans un train italien qui ne continue pas sur la Suisse. On imagine que c'est parce que les CFF n'ont pas suffisamment de trains à disposition pour venir jusqu'à Milan. Pourtant celui pour Zürich c'était bien un beau nouveau train CFF qui attendait à Milan... la ligne pour Genève est moins bien desservie, ils nous mettent les vieux trains...

Il faut se dépêcher! Redescendre tous les bagages, décrocher les vélos, recharger les vélos sur le quai pour trouver le nouveau wagon avec le sigle vélo... décharger, monter les bagages, défendre nos places, monter les vélos, car bien entendu le wagon n'est pas de plein pied... quel cirque! Heureusement le ciel nous envoie de l'aide! Une jeune fille nous propose de prendre des sacoches, elle empoigne les 4 sacoches arrières qui font bien 25 kg à elles quatre et nous accompagne. Je lui dis au bord des larmes" you are an angel"...elle me répond avec un sourire désolé ," no, just a cyclist".

Arrivés à Brig, on nous annonce que le train est direct jusqu'à Montreux!!! Alors qu'il devait s'arrêter à Sion... mais non...on n'en croit pas nos oreilles! Donc rebelote, on décharge tout . Aucun passager n'a l'idée de nous donner un coup de main en prenant une sacoche au passage. C'est chacun pour soi. Le contrôleur siffle le départ alors qu'on n'a pas encore déchargé les vélos! Je lui fait signe que non, il ne peut pas partir... je suis à bout! Les larmes roulent sur mes joues. Éreintée par ce voyage de retour, ce stress et ces imprévus... j'apostrophe un employé CFF assis sur un banc et déverse toute mes doléances sur les difficultés de voyager en vélo avec les infrastructures inadaptées des trains!!! Et les informations sur l'application ne correspondent pas à la réalité.

On est découragés, fâchés, on se dit que c'est la dernière fois qu'on prend le train pour nos voyages...chaque fois on a des problèmes. On essaie de voyager écologiquement mais rien n'est adapté pour nous! On essaiera FlixBus...

On a loupé la correspondance pour Sion puisque le train avait pris du retard à cause du transbordement à Domodossola. Donc, encore de l'attente avant de remonter dans un train ...vide, jusqu'à Sion.

Et là, c'est le ciel qui nous tombe sur la tête. Il y a un énorme incendie dans la zone industrielle à Veytroz et le ciel est noir de fumée que le vent emporte en direction de Brig. Ils annoncent sur les médias que les habitants doivent rester à l'intérieur et ne pas respirer ces fumées qui contiennent peut-être des toxiques. Cet incendie ne pourra être maîtrisé que vendredi matin...et encore, ca fume toujours vendredi soir!

On doit pourtant rentrer jusque chez nous à vélo...



on met notre polaire autour du visage pour se protéger comme on peut. L'air est saturé d'une très forte et mauvaise odeur ... en plus de tout ça j'ai un problème avec mon vélo! L'élastique maintenant les bagages s'est enroulé dans la cassette et impossible de la sortir. Donc changer les vitesses est très problématique.

On arrive pourtant chez nous... et une belle surprise, notre chère voisine Chantal est là avec une magnifique tarte aux pommes pour nous requinquer! Comme c'est touchant et délicieux!

Morts de fatigue mais heureux d'être arrivés enfin au bout du voyage.


Et dans le courrier, on trouve l'enveloppe que nous avions compostée au Vatican avec nos Testimonium et nos credenziales... joli souvenir.



La Via Francigena nous paraît loin déjà... mais de belles images remontent à la surface et effacent toute la fatigue et le stress de ce retour :))

Merci à vous chers amis lecteurs de nous avoir suivi tout au long de ce périple et à bientôt :))

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