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VIA FRANCIGENA 2023 Bolsena - Rome

Dernière mise à jour : 21 août 2023

Jeudi 11 mai.

On quitte le lac de Bolsena alors que le ciel se dégage et nous annonce une belle journée , qui après quelques heures se montrera beaucoup moins joyeuse... on grimpe à nouveau jusqu'à Montefiascone d'où on a une vue absolument imprenable sur le lac de Bolsena et ses alentours loin à la ronde, le Mont Amiata et le cône volcanique de Radicofani. Ce coup d'œil se mérite à coup de tours de manivelle et de perles de sueur, ouf, c'est magnifique!



Et on enchaine avec une grande descente dans la forêt sur les grosses dalles en pierre noire et lisse de la via Cassia! Pas évident de rouler là dessus. Heureusement elles sont encore sèches quand on passe, ce qui ne sera plus le cas dans un moment pour les cyclistes que l'on croise plus bas...un couple tout enthousiaste qui monte au Nord et vient de commencer son périple , elle, rouge à lèvres flashy! Alors que je suis soudainement prise au piège dans une ornière, je tombe sur le côté gauche, sans pouvoir décliper mon pied de la pédale! Bilan: mon rétro est cassé et deux gros bleus apparaissent sur ma cuisse gauche. Heureusement pour moi que ce n'était que de la terre et pas les dalles romaines, sinon je ne m'en serais pas sortie à si bon compte!




C'est quand même incroyable et touchant de penser qu'on foule ces vieilles, ces antiques pierres ... ces mêmes pierres qui depuis tant d'années en ont supporté des pieds, des roues, des sabots ... que d'histoires et de conversations elles ont dû entendre passer. Et à l'époque les chars ne devaient pas avoir d'amortisseurs hydroliques, hihi...bonjour les bleus sur les fesses! Nous non plus d'ailleurs, haha...



Plus tard on est pris dans un déluge et on se dépêche de descendre jusqu'en plaine , avec Viterbo en vue on parvient à laisser l'orage derrière nous, non sans s'être fait vraiment bien arroser. On rigole en pensant à la fille au rouge à lèvres flashy qui doit être tout délavé à présent! La pauvre... j'espère qu'elle n'a pas glissé sur la via Cassia, ça doit être une vraie patinoire... un gros coup de tonnerre claque et nous laisse imaginer ce à quoi nous avons échappé! Chanceux que nous sommes...

On dépasse de très nombreux pèlerins harnachés de leur pèlerine de pluie. Et les premières cultures de noisetiers, qui nous le verront plus loin, sont l'équivalent des oliveraies rencontrées en Toscane et qui sont moins importantes ici.



On atteint les portes de l'enceinte de la vieille ville et on échappe à une nouvelle vague de déluge en prenant possession de la chambre Guesthouse S. On peut entreposer nos vélos dans un garage à quelques petites ruelles de là, pour 10€ chez un ami du responsable ( qui a l'air de connaître tout le monde ici...il nous dit avoir été municipal et responsable de la Via Francigena pour la ville de Viterbo ).

On est crevé! On s'accorde un peu de repos bien mérité avant d'aller se balader dans la ville, et découvrir le quartier du Palais des Papes puis déguster une bonne glace au soleil revenu sur la place de la fontaine aux lions...



Et pour terminer là journée en beauté, un repas tout à fait improbable et délicieux à l'osteria del Pesce... alors qu'on cherchait une autre adresse, on s'est trompé de rue et une jeune fille , serveuse de cette osteria attendait les premiers clients au fond d'une impasse. On a cru que c'était notre adresse...et on est entré. Joli cadre mais salle vide. Et seulement une carte de menu à 25€. Et que des produits de la mer. On ne regrettera pas un seul instant notre méprise. On s'est vraiment régalé et le personnel était super gentil et attentionné.



Vendredi 12 mai.

On descend déjeuner au bar au coin de la rue. C'est le quartier des étudiants, très animé par les jeunes qui arrivent pour les cours, d'autres qui s'arrêtent prendre leur colazione et se retrouvent entre copines à babiller autour d'une table. C'est chouette de se retrouver au milieu de toute cette vie! Le patron fait café sur café, les adultes ne s'arrêtent pas, le café est avalé en 30 secondes, et place au suivant.

Après avoir été rechercher nos vélos qui ont l'air d'avoir bien dormi dans leur garage privé, on essaie de sortir de la vieille ville ... ce n'est pas une mince affaire car c'est un vrai labyrinthe et les ruelles étroites sont à sens unique... finalement ça y est, on est dehors! Et voilà, on s'attaque à nouveau aux béquets qui s'enchaînent les uns après les autres, une vraie guirlande de petites collines bien raides, de quoi nous casser les gambettes...

Et la pluie s'invite sur notre chemin avant de redescendre sur Vettralla, on s'équipe pour rester bien au sec.



Petite pause café avant de remonter sur la prochaine colline...et l'itinéraire nous conduit dans une belle forêt de feuillus, ça fait longtemps que nous n'avons pas roulé sous nos amis les arbres et respiré les bonnes odeurs de l'humus imbibé par toute cette humidité réclamée par la Nature! Nous sommes heureux de prendre un bain de forêt... entre soleil et pluie on poursuit sur de petites routes blanches sillonnant les cultures de noisetiers ou d'oliviers, s'arrêtant pour s'équiper contre l'averse qui se déverse sur nos têtes ou pour se libérer de notre harnachement...



D'énormes gouilles remplissent les trous et les ornières des chemins de terre, preuve de la quantité importante de précipitations... on arrive à Sutri début d'après-midi, bourgade très ancienne fondée par Saturne d'après la legende. C'est un des endroits les plus extraordinaires de la Tuscie pour ce qui est de l'archéologie. Une magnifique citadelle fortifiée d'époque médiévale, érigée sur un éperon de tuf ( donc vous vous en doutez, pour l'atteindre il faut...grimper, haha...) elle était déjà florissante au temps des étrusques qui y construisent des nécropoles et des routes. On s'installe dans la chambre spacieuse et old school de l'hôtel Sutrium, les vélos dormiront dans le hall d'entrée.

Un repas un peu décevant avec un menu pèlerin bâclé, ce qui n'avait pas été le cas à Pliacenza ou à San Quirico où là on était "aux petits oignons "...

Aïe aïe aïe, les cuisses sont hors service ce soir, percluses de courbatures, le relief est vraiment casse-pattes par ici. Beaucoup plus éprouvant que de gravir un col sur une longue montée régulière. Ici c'est les montagnes russes, petites mais bien raides. Parfois si raides qu'on doit pousser le vélo. Alors le repos est le bienvenu et il permettra de reprendre la route demain avec le même type de chemins...


Samedi 13 mai.

C'est aujourd'hui que le président ukrainien Zelenski est attendu à Rome et qu'il prévoit une entrevue avec le Pape...ils en ont parlé hier à la télé au bistrot. Par chance c'est demain que nous atteindrons notre but, on espère éviter les cohortes de sécurité...

Ce matin départ sous la pluie. On s'arrête pour jeter un œil sur les vestiges archéologiques de Sutri. On aperçoit un magnifique amphithéâtre romain du IIe siècle av JC. Creusé dans le tuf et entouré d'une épaisse forêt. Et la nécropole qui longe le bord de la route...



On parcourt quelques kilomètres sur une route très fréquentée, ce qui me stresse. Je n'aime pas du tout la manière qu'ont certains conducteurs de "partager la route avec les cyclistes " car le partage n'est aucunement équitable!

Alors parfois j'en ai ma claque...et là ça me tombe sur le moral! Quelques engueulades avec mon cher petit mari et quelques larmes, puis quelques kilomètres sur une petite route de terre et voilà que je retrouve le sourire!

On traverse des cultures de noisetiers, un beau golf, des pâturages, des forêts...



...et au bord du chemin quelques bien jolies rencontres! Trois petits anges adossés à un chêne triplé qui veillent sur les pèlerins, un petit cœur de pétale qui me fait un clin d'œil d'encouragement, bien nécessaire pour affronter la montée sur Campagnano di Roma!



On imagine tout à fait les pèlerins du Moyen Âge sortant des forêts denses et sauvages , remplis d'espoir de trouver tout là haut une bonne assiette de ragoût pour rassasier leur estomac criant famine après tous ces kilomètres parcourus... impossible de gravir cette pente sur le vélo! Et que la photo, soit dit en passant, ne rend pas du tout le pourcentage de la pente. On doit se mettre à deux pour pousser chaque monture ...et atteindre le sommet du rocher de tuf où est accroché un village qui semble être resté figé dans le temps. Campagnano di Roma fut un important habitat étrusque puis romain. Au XVe siècle le village devient lieu de villégiature pour les nobles et hauts prelats romains.



En quittant Campagnano di Roma on part sur une petite route descendant dans la vallée du Sorbo recouverte de grandes forêts et des pâturages où on aperçoit des moutons, des ânes et on entend même des sangliers grogner pas bien loin de nous en découvrant un coin du chemin complètement labouré!

Puis une remontée à nouveau très abrupte sur moins de deux kilomètres qui nous conduit à Formello. On a eu toutes les peines du monde à reserver un hébergement pour Formello hier soir...tous les accueils pour pèlerins étaient complets, et l'auberge de jeunesse fermée. On a trouvé sur Booking une chambre au B&B la Meridiana . La maison de l'extérieur ne paie pas de mine mais on est enthousiasmé par la beauté de l'intérieur. Les plafonds sont très hauts, pouvant abriter un géant! On a droit à une chambre de châtelain si grande qu'on pourrait y faire quelques tours de pedale pour compléter l'étape du jour si on n'en n'avait pas encore assez. Mais les vélos sont restés dans le garage, haha... il y a des petits coins intimistes au détour des corridors. On y passerait volontiers quelques jours...

Heureusement que nous ne sommes pas trempés et crottés comme certaines fois en fin de journée, ça n'aurait pas été très "convenant" pour un tel endroit!




Petit souper délicieux accompagné d'une bière artisanale brassée à Formello et élue 5 ème meilleure d'Italie... dans un endroit tout à fait original et sympa, le Baffo House, situé dans une ancienne forge voûtée. Le patron nous explique qu'il y avait autrefois un passage secret qui la reliait à l'église plusieurs centaines de mètres plus loin, mais qu'il a été comblé.



Dimanche 14 mai.

Après une excellente nuit dans ce lit royal et un délicieux petit déjeuner nous voilà prêts à rejoindre notre but final de la Via Francigena . Et c'est parti pour rejoindre le Vatican...

Le ciel est bien bas mais heureusement il ne pleut pas. La route traverse la campagne et parfois elle est en très mauvais état! Les racines d'immenses pins parasol soulèvent l'asphalte et il faut être bien attentif à zigzaguer entre ces grosses bosses. On croise beaucoup de cyclistes locaux en sortie dominicale que le mauvais temps ne retient pas! Très sympas ils nous saluent joyeusement...



En rejoignant le Tibre qui, contrairement aux autres cours d'eau rencontrés sur notre chemin est gonflé d'eau, on arrive enfin sur une belle piste cyclable qui longe le fleuve jusqu'au centre ville, ce qui facilite grandement la fin du voyage . Par contre impossible d'accéder à la place St Pierre car une immense foule occupe toute la surface loin à la ronde! Ça doit certainement être bientôt le moment de la messe au balcon et tout le monde attend avec impatience l'apparition du Pape. On se retrouve ici avec les cyclistes américains qu'on a croisé plusieurs fois depuis Sienne. Ils ont l'air tout aussi déphasés que nous de se retrouver soudainement au milieu de toute cette foule. Ils restent quelques jours ici et s'envoleront pour le retour au Nouveau Mexique.




On ne tarde pas à poursuivre notre route jusqu'au camping qui est encore à 6 km de là, dans la circulation dense et même en empruntant des tunnels. On arrive avec le soleil alors que la météo annonçait beaucoup de pluie, raison pour laquelle on avait réservé un petit bungalow pour deux nuits. Il est vraiment basique, mais propre, lits superposés et salle de bain. Une table de pic nic sur la terrasse abritée par une toile. Juste ce qu'il faut pour préparer un bon risotto de Vercelli, entourés de chats se prélassant au soleil sur les tables... les bungalows sont bien occupés, surtout ceux de la classe supérieure, haha, c'est une bonne solution pour visiter Rome. Le bus s'arrête à côté du camping et ensuite on prend le métro jusqu'au centre, mais ça sera pour demain.



Lundi 15 mai.

Départ à 8h30 pour la visite de Rome. Le bus est bondé, on est serré comme dans une boite de sardines, plus loin les passagers ne peuvent même plus grimper et doivent attendre le suivant. On arrive tout de même à la fontaine de Trévise, d'où on commence notre visite en parcourant les rues à la découverte des différents monuments... Il y a là un homme dans l'eau, qui ramasse les kilos de pièces de monnaie lancées dans la fontaine dans l'espoir pour les amoureux que leur vœux de mariage se réalise... ça doit faire une coquette somme d'argent... que doivent envier les nombreux mendiants et les africains accostant les touristes dans l'espoir de leur vendre un petit bracelet, une ceinture ou un chargeur pour le téléphone... certains sont des habiles beaux parleurs, on s'est fait avoir malgré nous. Le gars très sympa, disant connaître Zürich et même Lausanne, haha, et au fil de la discussion il met un bracelet au poignet d'Yves en lui disant" c'est pour toi mon ami, un gris gris de chez nous...et un autre pour ta princesse, et tu as des enfants ? Alors voici trois petits bracelets...et encore un beau pour ta princesse!" Et tout ça en un rien de temps, sans qu'on s'en rende compte on est pris au piège héhé... je n'ai pas de monnaie... "donne moi quelque chose, je te fais de la monnaie..." et voilà l'affaire est dans le sac!



On se régale les yeux de ces intérieurs fastueux et incroyables des églises et de leurs plafonds aux scènes colorées et plus belles les unes que les autres! Toutes ces richesses culturelles...


Église Saint-Ignace-de-Loyola de style baroque dont la fresque de la voûte est magnifique et donne une sensation d'espace infini. La gloire de Saint Ignace au centre soutenue par des anges. C'est l'une des œuvres les plus célèbres d'Andrea Pozzo avec un effet de perspective particulier. Et le Panthéon avec sa coupole la plus grande de toute l'Antiquité et qui reste la plus grande du monde en béton de ciment non armé .




Une petite balade guidée en side-car ça vous dit Madame? Trop joli, c'est mieux que ces bus touristiques pour lesquels on cherche à tous les coins de rues de nous vendre un ticket... des artistes de rue égayant les zones piétonnes... il y a même des murs végétalisés!



On traverse le Tibre pour rejoindre le Vatican. On a pris nos credenziales pour éventuellement obtenir notre Testimonium, une sorte de "diplôme du pèlerin" attestant qu'on a effectué au moins 100 km à pied, vélo ou cheval! On en a fait 10x plus. Il y a encore foule pour entrer dans la Basilique, un long serpent s'étire sur la place St Pierre. On demande à un sécuritas où obtenir notre papier en lui montrant nos credenziales, il nous laisse passer et on arrive finalement à passer devant tout le monde! Et à trouver le bureau qui les délivre et on les postera pour le Valais avant d'avoir pensé à les photographier pour vous les montrer héhé... ainsi on peut aller visiter la Basilique facilement.



Quelles splendeur et magnificence... on pourrait y rester des heures à observer tous les détails!




Et la fameuse garde suisse... qui se fait immortaliser par chaque péquin qui descend de la Basilique! Quelle maîtrise pour rester ainsi sans ciller, immobile et sans expression... ces jeunes sont bien courageux et bien dévoués!



Une fois de retour au camping il se met à pleuvoir. On a eu de la chance ...

Demain sera une grosse journée de transition. On va quitter ce voyage pèlerinage sur la via Francigena pour changer de "terrain de découvertes ". Ça sera tout différent... la Sardaigne. C'est dommage la météo annonce une semaine très humide!


Petit retour sur notre voyage, qui a été très diversifié, autant pour les régions, le relief, les lieux d'accueil et les différentes villes et monuments ... la descente de la vallée d'Aoste a été très chouette, la région de Vercelli intéressante pour sa découverte des rizières et de leur mise en eau. La première nuit dans un lieux d'accueil de pèlerins à l'Abbaye St Albino et la rencontre chaleureuse avec Silvano de Turin. La traversée de la plaine du Pô un peu ennuyeuse et plate. On ne la conseillerait pas aux marcheurs, ce n'est pas le tronçon le plus interessant et varié de la VF.

Les étapes pour la traversée des Appenins était super belle et costaude sous un soleil intense. Et à Berceto l'hébergement à la Casa dei nonni très réconfortant et le souper délicieux pour nos estomacs, ainsi que la gentillesse de la dame très appréciée !

La Toscane a mis à rude épreuve nos gambettes mais nous avons adoré ce pays verdoyant et vallonné ainsi que ses petits villages et bourgades perchés qu'on atteignait à la force des mollets. Moins apprécié évidemment la foule de touristes à partir de San Giminiano... mais aimé les échanges avec les pèlerins le soir dans les hébergements, le partage des difficultés de la route et le décalage ressenti en côtoyant les foules.

Les antiques routes romaines et leurs dalles irrégulières, les petits chemins de terre ravinés par les orages, les pizzas, les pasta et les antipasti... c'était une très chouette aventure, différente des précédentes.


Dès demain, place à la Sardaigne...

1 commentaire


Alfred Cottier
Alfred Cottier
19 mai 2023

Toujours de superbes photos, Martine on a pas vu tes bleus, soit prudente debleu debleu...

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